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La salle des Martyrs des Missions Etrangères de Paris

Un martyr (du grec ancien, « témoin ») est celui qui consent à aller jusqu’à se laisser tuer pour témoigner de sa foi, plutôt que d’abjurer.
« Martyr » appartient essentiellement, et à l'origine, à la terminologie chrétienne ; il doit être différencié du martyre qui est l’acte même de mise à mort ou les tourments infligés.
Située à Paris, au 128 de la rue du Bac dans le septième arrondissement, la salle des Martyrs est un sanctuaire consacré aux Martyrs Catholiques en Asie.

reliquaire missions etrangères de parisLa Salle des Martyrs et la Crypte, dans le prolongement l'une de l'autre, se partagent la mémoire des Martyrs : nous avons établi une distinction de principe, peut être arbitraire dans la dénomination mais utile pour une présentation :

Nous appelons « reliques » les restes des corps saints et « souvenirs » tous les autres objets relatifs au martyre et à ceux qui l'ont subi. Les souvenirs sont à la Salle des Martyrs, tandis que les reliques seront désormais à la crypte et sur les deux passages d'un lieu à l'autre.

 

lettres et témoignages mep

lettre de mauban missions etrangères de paris
 

Diversité des écritures qui dessinent des destinées. Il revient à l'esprit en lisant des expressions du Prieur de Tibhirine, égorgé en Algérie. « Quand un a Dieu s'envisage »...
 Avec un peu de patience, entre autres documents, vous déchiffrez une lettre de Mauban en Corée (avril 1837) à Chastan, qui s'apprête à le rejoindre : il convient avec son confrère, petit dessin griffonné à l'appui, de signaux à placer sur des barques... Ou ce mot de Chastan : « aujourd'hui 6 septembre vers les 3 heures du matin est arrivé un ordre réitéré de Monseigneur d'aller au martyre... ».

 

 routes et itinéraires mep

 

carte vallée missions etrangères de paris

Dans l'un des trois meubles bureaux, on peut voir des documents originaux qui montrent diverses situations d'hommes en route.

On découvre les moyens mis en œuvre pour se rendre sur les lieux de leur mission et s'y tenir, les difficultés qu'ils rencontrent dans leurs déplacements.

 

 

 

arches mep.

 arches mep

On s'interroge à leur vue sur les hommes qu'étaient nos devanciers et sur ce que furent les chemins qui les conduisirent à ce genre de mort qu'est le martyre.

Ces souvenirs sont disposés sous trois grandes arches de bois à vitrines verticales qui n'arrêtent pas le regard mais associent librement les choses qu'elles contiennent à ce qu'on peut voir au-delà: d'autres objets, les tableaux en perspective.

 

Première Arche: débuts et principes

Sous cette arche, allusion aux origines et aux structures de la Société:  l'étole de François Pallu; différents insignes des Vicaires Apostoliques associés aux Martyrs ou morts eux mêmes de mort violente ; enfin, pour faire le lien, quelques documents autographes qui constituent en eux-mêmes un commentaire.

 

2ème Arche: hospitalité

Celle-ci montre : robes tonkinoises, chinoises, bure tibétaine, des vêtements assez exotiques portés par des martyrs. Il y a des objets personnels qui signalent des usages étranges pour nous ou qui témoignent d’une hospitalité offerte et reçue, en tout cas, l’adoption d’habitudes différentes, alimentaires, vestimentaires, un art de vivre “las-bas”, comme chez soi.

 

3ème Arche: culte et dévotion, les immuables

Cette arche accueille trois vitrines. L'une, du signe de la croix; croix de provenances diverses, toutes associées au souvenir des martyrs. La deuxième, avec de menus objets de piété mariale, témoignage, dans des contextes où sévit la persecution, d'une piété constante, tenace, qui résiste à tout. La troisième vitrine présente des objets pour la célébration eucharistique. Ce qui est montré là est assez souvent de qualité dite de "Saint-Sulpice", c'est-à-dire des fabrications en série bon marché; plusieurs objets ont été exécutés en Asie sur des modèles occidentaux ! Mais il y en a qui, fabriqués au Japon, sous des apparences anodines, recèlent des symboles chrétiens: objets clandestins.

 

Intermèdes:

Cette vitrine est faite pour un rapprochement ludique d'objets longs présentés sur un râtelier. La canne de Théophane avec ses inscriptions à l’encre : façon de marcher. La lorgnette de Chapdelaine : manière de voir. La flûte de Brieux pour l'enchantement. Mais un grand coutelas posé en bas évoque un destin. Des montres arrêtées : le temps compté… Un carnet de route à la mort où se lisent des vers de mirliton qui émeuvent. Une pelote basque au fond de la poche, au creux de la paume quand elle n'est pas en jeu. Tout cela est hétéroclite comme ce que la vie abandonne. On recrée soi-même une harmonie quand on regarde.

 

 la cangue levée mep

 

cangueUn objet, mis en situation insolite, n’entre à première vue dans aucune série : la cangue levée de Pierre Borie. Elle forme dans la Salle un axe : elle est inévitable. Symbole sec, épuré.

C’était une entrave passée au cou des prisonniers. Cela ressemble ici à une échelle en bois. Elle occupe dans la Salle des Martyrs une situation qu’on pourra non sans raison rapprocher de celle de la croix plantée dans la crypte. Placez-vous là, prenez ce point de vue : vous pouvez regarder tout le reste.

Si la cangue forme un axe, on perçoit les « boîtes à outils » métalliques placées aux murs, sous les tableaux, comme le point de fixation de rayons qui en partiraient. Ces « boîtes » contiennent les chaînes, cordes, couteaux, poignards ; l’outillage fruste et monotone de la violence et de la cruauté. Si proche des outils usuels des beaux métiers et comme détournés de leur usage humain et ordinaire.

visite de la salle des martyrs des missions etrangères de paris
 

 mémoire et eucharistie mep

tombeau crypte missions etrangères de parisÀ la crypte, le Tombeau est prêt : sous l'impressionnante liste gravée dans la pierre des noms des martyrs des Eglises d'Asie se trouvent des caissons à abattants en bois ; des urnes reliquaires y sont placées à mesure que nous célébrons dans l'année les fêtes des Martyrs.

Ainsi, en faisant le tour de ce tombeau, on aura peu à peu une sorte de cadran du Propre de la Société apte à rappeler des anniversaires. Les urnes reliquaires feront l'objet d'ostensions sous l'autel au jour de la fête des Martyrs. De la sorte, on voit que le Tombeau n'est pas un bloc à part, uniquement assigné à des dévotions personnelles : il appartient étroitement au temps de la liturgie, à l'espace de la célébration eucharistique signalé, lui, par la croix, l'autel, l'ambon, dans le quadrilatère des sièges de l'assemblée et de son président.
 

 

 salle des martyrs et librairie mep.gif

 

salle des martyrs et librairie mep.gifLa Salle des Martyrs communique avec la librairie : cette ouverture directe est un défi, une stimulation constante. Il y a la question de l'intelligibilité, de l'intelligence de l'Asie : le milieu, les temps où ont sévi des persécutions, où le témoignage des martyrs a été reçu.

Envisager les Martyrs sans s'initier à la complexité, non seulement de leur chemin, mais aussi du monde qui les reçoit avant de les rejeter et de les recueillir ? On court alors le risque de les perdre dans une gloire posthume, de nier le corps, d'obscurcir et rendre absurde l'aventure et l'effort de leurs rencontres.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez :

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