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Tibet

1624-1950 : la terre interdite
Le Tibet est le pays de la mission impossible par excellence. En plus de trois cents ans d’efforts, aucun missionnaire n’a pu s’y établir durablement. Dès le XVII° siècle, les jésuites portugais en poste à Agra tentent d’y pénétrer.

En 1624 Antonio d’Andrade parvient à Tsaparang. D’autres tentatives vers Shigatze, Lhé et Lhassa sont faites au cours des décennies suivantes, mais aucune de ces expéditions menées par des francstireurs ne donne de résultat apostolique notable. En 1722 La Propagande confie officiellement la mission du Tibet aux Capucins menés par Horace della Penna. Ils construisent une chapelle à Lhassa mais quittent la ville en 1747 sans avoir fait de conversions. À la fin du siècle, le Tibet tombe sous la domination chinoise et se ferme hermétiquement à toute pénétration étrangère.

En janvier 1846 deux lazaristes français de Mongolie, Evariste Huc et Joseph Gabet Parviennent à Lhassa mais sont aussitôt expulsés ver Macao, tandis que la Propagande confie la mission du Tibet aux Missions Etrangères. Charles Renou, parti de Sichuan, se fait refouler. Mais au Sud, du côté de l’Assam, Nicolas Krick parvient à Someu en 1852. Il est également expulsé. Deux ans plus tard il revient en compagnie du jeune Augustin Bourry. Ils seront assassinés en septembre 1854.

De retour à l’Est, Charles Renou crée les postes de Bonga et Kiangkha en territoire tibétain. Mais en 1865 une attaque des lamas contraint les missionnaires à se replier. Le père Durand, atteint de deux balles de fusil, se noie en tentant de traverser la Salouen. Le vicaire apostolique, Mgr Chauveau décide alors de fonder des stations dans la zone frontalière et semi-indépendante des Marches Tibétaines : Batang, Yerkalo, Tsekou, Atense et s’installe lui-même à Tatsienlu. Alors que les Anglais font pression sur Lhassa pour obtenir la liberté de circulation et de commerce, les lamas se vengent sur les missionnaires, accusés d’attirer les étrangers. En 1881 le Père Brieux est massacré près de Batang.

En 1901 les Boxers ravagent les postes proches de Tatsienlu : Lentsy, Chapa et Mosymien. Trois ans plus tard, alors que les troupes anglaises entrent à Lhassa, le gouvernement chinois décide d’occuper les Marches Tibétaines. Les lamas se soulèvent, appuyés par des troupes de brigands. Les missionnaires font les frais de la révolte : André Soulié est massacré à Yaregong le 14 mars 1905, Henri Mussot à Batang le 5 avril, Pierre Bourdonnec et Jules Dubernard près de Yerkalo les 23 et 26 juillet. Les troubles et les exactions anti-chrétiennes continuent durant la Révolution chinoise. Le 12 juin 1914 Théodore Monbeig est assassiné près de Lithang. Le 17 septembre 1940 Victor Nussbaum connaît le même sort à Pamé. En 1930, les Missions Etrangères demandent du renfort aux Chanoines du Grand Saint-Bernard. L’un des leurs, Maurice Tornay, est arrêté et abattu près d’Atenze le 11 août 1949. Dans presque tous les cas, des chrétiens tibétains sont morts pour avoir refusé d’abandonner leurs pasteurs en danger.